Vous avez certainement entendu cette expression : « on ne se bat contre la Réserve Fédérale » et son corollaire : « Les banques Centrales seront toujours là ».

Ces deux expressions sont devenues de véritables mantras, ressorties par tout économiste, analyste financier, gérant de portefeuille, trader, dès que les marchés actions commencent à flancher : il faut continuer d’acheter les actions, les banques centrales ne vont pas laisser les marchés chuter.

Oui, les banques centrales ont un impact positif. Quand tout va bien. Ceux qui étaient baissiers durant le Bull Market de 2009 /2020 s’en souviennent encore. Lorsqu’il y a une (petite) inquiétude sur la santé économique ou sur une instabilité, les Banques Centrales sont intervenues pendant des années : Fed, BCE, BOE, BOJ etc. En agissant sur les taux d’intérêts. Puis en rachetant des obligations (QE), puis des actions, puis tout ou presque.

Ceux qu’oublient les investisseurs et traders, c’est que les interventions des banques centrales n’ont des effets qu’à Court Terme et surtout créent des déséquilibres qui eux sont à Long Terme.

Plus important encore : les investisseurs oublient surtout que par le passé, les Banques Centrales n’ont pu endiguer les crises, les vraies. En 2008, le moins qu’on puisse dire, c’est que Bernanke et Trichet ont intervenu massivement durant l’été 2008. Est ce que cela a empêché le plongeon ? Bien au contraire. Les marchés ont encore baissé de plus de 40% après.

Dans un passé plus proche, c’est à dire le 3 mars 2020, la Reserve Fed a pris tout le monde par surprise en abaissant de 0.5% ses taux directeurs et ce quelques jours avant l’annonce de sa politique monétaire. De façon analogue, Christine Lagarde a annoncé le 12 mars 2020 des mesures exceptionnelles pour soutenir l’économie.

En observant le graph du CAC 40, le moins que l’on puisse dire, c’est que ces 2 interventions n’ont pas eu l’effet escompté! Plus de 20% de baisse après la Fed, et 15% supplémentaire de baisse après le discours de la BCE.

Impact de l’intervention de la Fed et de la BCE en mars 2020.

Lors des périodes de crise, les interventions des Banques Centrales rajoutent de l’incertitude à l’incertitude. C’est tout sauf un signal positif et il faut s’attendre à revivre un nouveau bear market analogue à 2008.

Car les marchés actions, comme tout marché, actif, matières premières, connaissent des cycles d’expansion et de rétraction. Si les cours doivent baisser, ils baisseront. Quelques soient les interventions en face. Aucun humain et aucune organisation ne peut déstabiliser durablement l’évolution inexorable des prix.

En conclusion, pour survivre à cette crise et protéger votre capital, ne faites pas confiance aux rumeurs, news et aux interventions qui vont se multiplier. Soyez prudents car quand les investisseurs comprendront à nouveau que les Banques Centrales ne sont pas omnipotentes, la panique reviendra…

L’histoire ne se répète pas, elle rime. Mark Twain

« Don’t fight the Fed » : un mythe (très) dangereux

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